La défamiliarisation linguistique dans le roman anglais contemporain

Sandrine Sorlin

Lorsque le pouvoir de défamiliarisation que l’on reconnaît à la littérature touche le texte dans sa chair même, alors l’expérience de lecture se fait à la fois inquiétante et intime. Cet ouvrage propose l’étude des romans de Golding, Hoban, Mitchell, Self, Burgess et Orwell, écrits dans un anglais altéré, modifié, « étrangisé », depuis les prémices du langage articulé (Golding) jusqu’à la langue la plus artificielle (Orwell).

Décrivant un monde pessimiste, post-apocalyptique ou totalitaire, ces dystopies linguistiques des XXe et XXIe siècles semblent incarner l’impensé ou l’inconscient des langues utopiques de la tradition littéraire et philosophique. Mais dans les déformations qu’il subit, le langage parvient à se libérer de l’idéologie qui l’enchaîne et à sublimer le pessimisme, transformant une lecture parfois difficile en une véritable jubilation linguistique.

Ces linguistique-fictions dessinent une nouvelle carte grammaticale, une grammaire du déséquilibre, toujours en cours de formation, fonctionnant sur un mode métaphorique plus proche du rhizome deleuzien que de l’arbre chomskien, une linguistique qualifiée de « fantastique » dans le sens où elle s’inscrit dans un entre-deux, oscillant entre la Raison modélisante et le non-sens, entre le rationnel et l’irrationnel, la langue et la parole, l’Un et le multiple. Supplantant les dualismes traditionnels, ces langues défamiliarisantes sont paradoxalement riches d’enseignement sur le fonctionnement du langage, dans l’hommage qu’elles rendent à son hétérogénéité constitutive.

Collection « Present Perfect », ISSN 1773-5165

2010, format 16 × 24, 244 pages, ISBN 978-2-84269-897-3

Prix de vente : 24 €


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